Vol. 2 No. 4 (2022)
Examens d’une technologie de la santé

L’harmonisation des politiques publiques de remboursement des médicaments biologiques contre la polyarthrite rhumatoïde

Publication : April 27, 2022

Messages clés

  • Les lignes directrices et les données probantes cliniques sur le traitement de la polyarthrite rhumatoïde (PR) privilégient le recours à un traitement combiné (bithérapie ou trithérapie) par des antirhumatismaux modificateurs de la maladie (ARMM) synthétiques classiques (ARMMsc) avant le recours à un ARMM biologique (ARMMb). À l’heure actuelle, les régimes d’assurance médicaments fédéraux, provinciaux et territoriaux (FPT) utilisent différents critères pour le remboursement des ARMMb en contexte de PR. Afin d’harmoniser leurs critères, les régimes devraient envisager d’exiger au moins un traitement combiné par des ARMMsc avant de rembourser un ARMMb :
    • Bithérapie : La Saskatchewan, Anciens Combattants Canada et les Forces armées canadiennes devraient modifier leurs critères de remboursement actuels afin d’exiger au moins une bithérapie par des ARMMsc.
    • Trithérapie : L’Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba, Anciens Combattants Canada et les Forces armées canadiennes devraient modifier leurs critères de remboursement actuels, comme ces régimes n’exigent actuellement qu’une monothérapie ou une bithérapie par des ARMMsc.
  • La plupart des régimes d’assurance médicaments FPT exigent l’échec d’au moins deux ou trois traitements par ARMMsc avant de rembourser un ARMMb. Font exception la Colombie-Britannique, l’Ontario, Terre-Neuve-et-Labrador, Anciens Combattants Canada et les Forces armées canadiennes, qui offrent l’accès à un ARMMb après un traitement combiné par des ARMMsc. La Colombie-Britannique, l’Ontario, les provinces de l’Atlantique, le Yukon, le Service correctionnel du Canada et les Services de santé non assurés exigent une trithérapie antérieure par des ARMMsc. L’Alberta, le Manitoba, Anciens Combattants Canada et les Forces armées canadiennes exigent une bithérapie, mais pas une trithérapie; cependant, Anciens Combattants Canada et les Forces armées canadiennes n’exigent pas l’essai d’une bithérapie par des ARMMsc si deux traitements par un ARMMsc en monothérapie ont été tentés. La Saskatchewan est la seule administration n’exigeant qu’une monothérapie. Les assureurs privés canadiens ont eux aussi convenu d’exiger un essai de bithérapie par des ARMMsc avant de rembourser un ARMMb.
  • Des lignes directrices fondées sur des données probantes, notamment les lignes directrices 2012 de la Société canadienne de rhumatologie, recommandent les ARMMsc en monothérapie (le méthotrexate [MTX] est l’option à privilégier sauf en cas de contrindications) comme traitement de première intention de la PR. En revanche, des lignes directrices publiées en 2018 par la Société brésilienne de rhumatologie indiquent qu’un traitement combiné par deux ARMMsc ou plus peut également être utilisé en première intention. Ces lignes directrices recommandent généralement l’utilisation d’un traitement combiné par des ARMMsc après l’échec d’une monothérapie.
  • Une métaanalyse en réseau conclut que les ARMMsc en trithérapie seraient plus efficaces que les ARMMsc en bithérapie, l’étanercept en monothérapie et le tocilizumab à 4 mg/kg en monothérapie, et auraient une efficacité comparable aux ARMMb (utilisés seuls ou combinés avec le MTX), aux ARMM synthétiques ciblés combinés avec le MTX, et aux biosimilaires combinés avec le MTX. De plus, des données probantes économiques démontrent que la trithérapie par des ARMMsc est plus rentable que le traitement combiné par l’étanercept et le MTX.
  • En moyenne, le temps écoulé avant le traitement par un ARMMb est plus long de quatre mois en Alberta, en Colombie-Britannique et en Ontario qu’en Saskatchewan, au Manitoba et dans les provinces de l’Atlantique, différence qui pourrait s’expliquer en partie par les divergences dans les critères de remboursement touchant le nombre de traitements antérieurs par des ARMMsc. L’augmentation du temps écoulé avant le traitement par un ARMMb pourrait entrainer des économies sans avoir un effet négatif sur les résultats cliniques.